Anne-Cécile Paredes

Résidence de création

Anne-Cécile Paredes a connu tôt les chemins de l'exil. Elle avait quatre ans lorsque sa mère, "l'enlevant à son père", prit un long-courrier pour joindre Lima à Paris afin de fuir la guerre civile. Avec les fragments d'une mémoire qui s'accroche aux images filmées, aux musiques ancrées dans les corps, et aux couleurs et senteurs d'un passé recomposé, elle met en je(u) un récit impliqué et à la scénographie bouillonnante. "Ça" parle en elle… comme ça nous parle.

(Auto)fiction animée par le souffle d'une actrice habitée, "Asile" est aussi sobre dans son titre laconique que saturé dans sa forme par nombre de vidéos, de musiques trépidantes, de tableaux vivants à la signification pas toujours probante. Ce foisonnement "en tous sens" pourrait finir par étourdir, par dérouter de l'essentiel, si ce n'était le récit de cette révolte à fleur de peau. En effet, autant le texte - d'une exilée "exemplaire" qui n'en finit pas de déplacer ses sacs entre des lieux dont le point commun est d'être "transitoire" - nous projette au cœur même d'un sujet à vif, autant l'agitation du second plan nous en déconnecte parfois.

À télécharger