Comédie

Ubu

Olivier Martin-Salvan - d'après "Ubu sur la butte" et "Ubu roi" d'Alfred Jarry

Comédie
7 > 9 décembre
Comédie

Ubu

Olivier Martin-Salvan - d'après "Ubu sur la butte" et "Ubu roi" d'Alfred Jarry

7 > 9 décembre à à déterminer

Comédie
Dès 12 ans
1h
Pons, Segonzac, Châteauneuf
horaire à déterminer

Inspirés par les dégaines surréalistes des sportifs en salle, Olivier Martin-Salvan et sa drolatique bande de clowns éclopés transposent la farce cruelle du Père Ubu au pays des gymnastes.
Patrick Sourd, Les Inrockuptibles

L'histoire en bref
Père Ubu assassine le roi Venceslas de Pologne et fait tuer les nobles puis ceux qui l’ont aidé à faire son coup d’État. Mais Ubu doit faire attention au fils du roi déchu, le prince Bougrelas. Initialement écrit pour marionnettes, Ubu sur la butte est un texte peu joué, plus court et plus brusque qu’Ubu roi. Imaginée par Jarry au début du XXe siècle, la pièce est incroyablement contemporaine. La recette : l’étrangeté et la beauté de la langue, la figure irrésistible d’Ubu, et la subversion. Les personnages ne sont empreints d’aucune psychologie. Seuls la cruauté, l’effroi et le rire les animent. Dans un dispositif proche du ring de boxe, Ubu apparaît plus sauvage que jamais.

Sur scène
Ubu sur la butte, en découvrant ce texte mal connu et peu joué d’Alfred Jarry, j'ai été immédiatement saisi par la cruauté qui s'en dégage. La cruauté et le rire !

Plus encore que le fameux Ubu Roi, cette version raccourcie, brusque, directe (initialement écrite pour marionnettes) m’a totalement fasciné. Car ce frottement constant entre le rire et l’effroi est ici irrésistible et implacable.
Tout va vite : le premier roi meurt en vingt lignes et la guerre arrive trois scènes plus tard ! Jarry ne s’appesantit sur rien, il va à l’essentiel, il trace sa route comme un bulldozer et dévaste tout sur son passage. Toute la société en prend pour son grade. Et sa force poétique n’en est que plus perturbante. Car tout est bien là : l’étrangeté et la beauté de la langue, la figure irrésistible d’Ubu, la subversion…

Ce texte à vif, sans fioriture, cet Ubu "pour marionnettes", déchargé de toutes psychologies, d’explications rassurantes, résonne incroyablement aujourd’hui. Ce personnage légendaire d'Ubu apparaît ici encore plus brut que dans l'original. Sa violence sans limite, son avidité, son attachement au pouvoir, son outrance se déploient devant nous et nous questionne irrémédiablement par le rire. Il n’y a aucun filtre.

En tant qu'acteur, je retrouve d'une certaine manière l'endroit de jeu que nous demande Valère Novarina quand nous sommes en création : c'est à dire d'être plus bêtes que ce que nous faisons et de jouer comme des enfants qui officient dans une "messe pour marionnettes".

Cet endroit de jeu a été notre moteur au cours de la création de ce spectacle avec les acteurs. Du jeu et de l'invention!
Explorer cette oeuvre comme une matière première, comme un diamant brut à tailler sans polir... Rien édulcorer et par-là même, faire accéder à l’oeuvre un public le plus large possible.
Car l’enjeu est bien pour nous celui-là. Offrir au plus grand nombre et en particulier à des spectateurs qui fréquentent rarement les salles de théâtre, une oeuvre majeure à la fois par sa contemporanéité et par la puissance de réflexion qu’elle provoque.

D’où l’idée initiale d’un quadri-frontral et d’un dispositif scénique léger, assez minimal, pour justement se poser facilement dans des lieux différents et variés, nous permettant ainsi d’aller à la rencontre de tous. En lecture, le texte dure à peine trente minutes. Nous avons donc eu tout l'espace de le projeter dans sa fulgurance et de le faire respirer et vibrer à travers cet univers pittoresque et inquiétant du sport, et en particulier de l'aérobic et de la GRS inventé par les plasticiens Clédat & Petitpierre.

Cette aventure conçue avec cette bande d'acteurs-créateurs (et actrice) se place donc pour moi sur l'idée de réunion et de rencontre vers de nouveaux publics, dans la joie, dans le plaisir de jeu, avec ce texte matériau puissant.

Olivier Martin-Salvan

Distribution

Clément Deboeur ou Robin Causse : rôles du Palotin Giron, Mathias de Koenigsberg, un noble, un magistrat, un soldat polonais, l'Ours

Rémi Fortin : rôles du prince Bougrelas, un noble, le greffier, un magistrat, le financier, Nicolas Rensky, le Czar

Mathilde Hennegrave : rôles de la reine Rosemonde, Mère Ubu, un soldat russe

Olivier Martin-Salvan : rôle du Père Ubu

Dominique Parent : rôles du roi Venceslas, un noble, un magistrat, Le général Lascy

Scénographie et costumes : Clédat & Petitpierre

Composition musicale : David Colosio

Chorégraphie : Sylvain Riejou

Réalisation des costumes : Anne Tesson

Régie générale : Hervé Chantepie, Yohan Hamelin, Fabrice Guilbert (en alternance)

Production, diffusion et coordination : Colomba Ambroselli assistée de Nicolas Beck

Créé au Festival d’Avignon le 7 juillet 2015

Mentions

© Sébastien Normand

Coproduction : Le Festival d’Avignon / Le Quartz - Scène Nationale de Brest / Le Théâtre en Beauvaisis - Scène

nationale de l'Oise / Les Tréteaux de France - CDN / La Comète - Scène nationale de Châlons-en-Champagne / La POP

En partenariat avec : L’Odéon - Théâtre de l’Europe et le Théâtre Gérard Philipe - CDN de Saint-Denis

Remerciements : Annie Le Brun

Olivier Martin-Salvan est artiste associé au Centquatre-Paris, et membre du Phalanstère d’artistes du Centre National pour la Création Adaptée