Théâtre en plein air

Le Tartuffe ou l'Hypocrite de Molière

Veilleur®

Théâtre en plein air
9 > 10 mai 2023
Théâtre en plein air

Le Tartuffe ou l'Hypocrite de Molière

Veilleur®

9 > 10 mai 2023 à 20h30

Théâtre en plein air
Création 2022
Dès 12 ans

Tartuffe est sans aucun doute la pièce de Molière la plus engagée politiquement. L’oeuvre que nous connaissons n’est pourtant pas celle qu’il écrivit à l’origine, celle de la première nécessité de l’écriture.

Cette oeuvre, la première version de Tartuffe intitulée «Le Tartuffe ou l’Hypocrite» fut interdite après quelques représentations seulement sous la pression de l’Église, malgré la protection du Roi dont bénéficiait à l’époque son auteur et qui avait apparemment apprécié la pièce. L’emprise ecclésiastique était d’une telle puissance que même la royauté n’osait trop s’y confronter. La paix sociale avait un prix, celle de l’oeuvre de Molière.
En effet, cette institution ne souffrait alors d’aucune critique, aucune remise en question. Pire encore, alors que la pièce fut lue à plusieurs reprises dans des différents salons, cette première version du Tartuffe a disparu. Il est incroyable de penser ceci, mais il faut pourtant se rendre à l’évidence : une pièce de Molière, alors comédien du roi, a été perdue.
Effet d’un simple hasard, d’une méconnaissance du travail d’archivage au moment de sa mort, où est-ce une toute autre volonté qui était à l’oeuvre ? Cette pièce avait été interdite par l’Église autant qu’elle disparaisse pour de bon et que ne passe à la postérité uniquement la version policée en 5 actes qui fut le plus grand succès de Molière.

Mais alors qu’est-ce qui dans cette comédie dérangea autant ?

Molière dépeint une famille bourgeoise catholique dont le chef de famille, Orgon, décide de recueillir dans son foyer un dévot, Tartuffe. Les dévots – qui n’étaient pas des prêtres mais des saints hommes - avaient pour mission de conduire l’âme de leur «dirigé» au salut. La présence de Tartuffe au sein du foyer et son influence sur le maître de maison va bouleverser l’équilibre familiale. Malgré sa dévotion, cet homme soupire pour Elmire, la seconde femme d’Orgon. Cet homme pris en étau entre sa position et sa tentation va sombrer avec un cynisme certain dans l’hypocrisie.
La femme, le fils, le frère et la suivante vont tous tenter de faire entendre raison au «dirigé» Orgon, que son directeur de conscience est un hypocrite qui se joue de lui.
Or, ressort comique et tragique à la fois, chaque scène qui tend à confondre Tartuffe se retourne contre son investigateur. Ainsi Damis, le fils d’Orgon, témoin des aveux coupables de Tartuffe pour sa belle-mère, tente de révéler la duperie de cet hypocrite à son père. Mais, cette tentative mène aux prémisses de la catastrophe : Orgon n’hésite pas à déshériter son propre fils léguant à Tartuffe l’ensemble de ses biens. Tartuffe sort dans un premier temps vainqueur de son entreprise de sape familiale en prenant possession de la «Maison» au sens propre du terme.
Cependant dans la version en 5 actes, Tartuffe finira perdant grâce à l’intervention du roi, la fameuse arrivée de «l’Exempt». La fille, personnage ajoutée dans la version longue, épouse alors son amant et la famille retrouve sa maison. Tout est bien qui finit bien.

Pourtant, nous sommes nombreux à trouver insupportable ce dernier acte de Tartuffe, dont le niveau d’écriture et de dramaturgie est bien en deçà du reste de cette pièce qui est sans conteste un des plus grands chefs-d’oeuvre de la littérature française. L’arrivée de l’Exempt a causé des nuits blanches à bien des metteurs en scène…

Une curiosité terrible nous étreint alors autour de cette version en 3 actes - tel le texte d’Aristote perdu sur la Comédie : Comment était-elle construite ? Comment s’achevait-elle ? Quel parcours était emprunté par les différents protagonistes ? Avec quoi Molière laissait son spectateur ?

Georges Forestier, grand spécialiste de Molière, s’est attelé à cette tache de retrouver sous la pièce en 5 actes les traces de l’oeuvre originelle. De définir les différents remaniements effectués par l’auteur, de les déconstruire pour retrouver la fulgurance de la fable et la figure première de ce dévot. Accompagner d’un scrupuleux travail scientifique qui recoupe les nombreux articles de presse et billets autour de cette première version ainsi que ces connaissances des différentes étapes de l’oeuvre de Molière liées à la royauté et la société dans laquelle il évolue, Georges Forestier propose une reconstitution de cette pièce.

En coréalisation avec

Distribution

Mise en scène et dispositif scénique : Matthieu Roy

Collaboration artistique : Johanna Silberstein

Lumières : Manuel Desfeux

Costumes : Alex Costantino

Espaces sonores : Grégoire Leymarie

Régie générale : Thomas Elsendoorn

Distribution (7 comédiens) :

François Marthouret, Orgon

Yannick Jaulin, Tartuffe

Johanna Silberstein, Elmire

Aurore Déon, Dorine

Sylvain Levey, Cléante

Anthony Jeanne, Damis

Nadine Béchade, Madame Pernelle

Mentions

crédit Joseph Banderet

Production : Veilleur®

Coproduction : Théâtre Jean Lurçat - Scène Nationale d’Aubusson, Théâtre Chevilly-Larue André Malraux, AGORA à Boulazac, OARA, Théâtre de Thouars - Scène conventionnée, Les Scènes du Jura - Scène nationale.

Avec le soutien de La Maison Maria Casarès et du CNDC - Théâtre Ouvert.

Production en cours

Veilleur® est conventionné par le Ministère de la Culture (DRAC Nouvelle-Aquitaine) et subventionné par la région Nouvelle-Aquitaine et la ville de Poitiers.